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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 22:35

Aujourd'hui, un nouvel élève s'est assis au fond de la classe. L'allure timide et gauche, une allure d'intrus, qui s'excuse déjà sans pourquoi. Sans un mot. Il m'a regardé, a souri, et j'allais lui parler lorsque les autres élèves sont arrivés. Le flot habituel, la marée. J'en ai oublié le garçon du fond.

J'ai fait le cours. Puis, je l'ai à nouveau aperçu, et subitement, je me suis demandé, à travers ce regard neuf sur moi : “Aue pense-t-il de moi ? Dans ma chemise et avec ma belle montre, à m'agiter devant la classe, fais-je illusion ?” Les bras croisés face aux élèves, je tente d'avancer. Je m'offusque des blagues de certains. Je sanctionne parfois. Le nouveau-venu, comprend-il pourquoi ? Sait-il ce que cela signifie ? Me voit-il comme les autres professeurs, un professeur de plus qui a renoncé à bouleverser la profession, et qui se bat avec ses armes ? Arrive-t-il à voir que, confronté aux mêmes problèmes que ceux qui m'ont précédé, j'en viens à employer les mêmes solutions ? Le nouveau-venu est jeune il est vrai. Peut-il se mettre à ma place ?

Je ne prétends pas toujours agir parfaitement, je prétends faire au mieux. J'aimerais dire à ce nouveau-venu : “Ne me vois pas comme un adversaire. J'ai été à ta place il y a quelques années. Tu seras peut-être à la mienne un jour. Tu n'as pas vu le cheminement qui m'a amené là, tu vois juste le résultat.” Je ne sais pas pourquoi, son avis compte.

 

La sonnerie retentit, les élèves sortent, la salle se vide. Le nouveau-venu se lève à son tour, marche vers la porte, me regarde. Son sourire s'est agrandi, il semble rassuré et un frisson me parcourt l'échine. Je saisis de suite la ressemblance qu'il a avec moi, ses traits physiques, sa démarche, j'étais comme lui, et je me demande alors s'il se dit qu'il serait content d'être comme moi lorsqu'il aura mon âge.

Et, comme s'il avait compris, il opine légèrement de la tête, et sort. Je me sens, subitement, tellement mieux, comme le poids des ans qui disparaît, comme s'il était fier de moi, comme si une étrange proximité existait entre nous, comme si cela faisait une quelconque importance, pour lui, que je m'en sorte, que ma vie actuelle, que ce que je suis devenu ; ça lui convienne. J'en ai les larmes aux yeux.

 

Je n'ai plus jamais revu cet élève depuis ce jour. Je ne suis pas certain qu'il ait réellement existé. Dans ma tête.

Par Stylo Rouge - Publié dans : Être prof
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 20:59
Je recopie un texte que j'avais écrit au cours de mon année de 2nde, cela remonte donc à 2003 :

“Chaque année depuis mon introduction dans le système scolaire, c'est la même rengaine, le même problème. Trois fois par an, une chose terrible arrive pour des millions d'étudiants de par la France entière : le Conseil de classe arrive - la majuscule est essentielle. Avant de connaître le côté badin, presque bon enfant du conseil de classe, cette grande réunion de tous nos professeurs m'impressionnait quelque peu. Je l'imaginais semblable au Conseil Jedi dans Star Wars. Les professeurs seraient assis en cercle autour d'une table, et tous les travers des élèves seraient examinés, décortiqués, analysés. Heureusement, avec le temps, je pus me rendre compte qu'il n'en est rien. Ou presque. Les professeurs sont plus occupés à discuter avec leurs voisins - j'en ai même surpris en train de flirter - qu'à véritablement casser du sucre sur le dos des élèves. [...] J'ai toujours le droit à l'éternelle rengaine, devenant invariablement : "élève sérieux, bon trimestre." C'est surtout le mot "sérieux" qui m'exaspère. Voici une théorie toute professorale : tu es sérieux quand tu as de bonnes notes, tu ne travailles pas lorsque tu ne parviens même pas à la moyenne. C'est une vision un peu trop simpliste pour être vraiment juste. Je ne parle évidemment pas des : "tu as des capacités mais tu ne t'en sers pas" qui ont bercé l'adolescence de tant de lycéens et qui leur ont permis de continuer à ne rien faire avec bonne conscience, persuadés que s'ils le décidaient subitement, ils deviendraient de petits génies.”

J'étais resté sur cette opinion à propos des conseils de classe. Et avec le recul, alors que j'ai assisté hier à mon premier conseil de classe, du côté des profs, je n'ai pas beaucoup à varier de ma position. Je garde en tout cas mon regard d'élève en mémoire, j'espère qu'il durera.

Quelques jours avant le conseil de classe, l'administration (ce gros mot qui représente la direction et son secrétariat) nous demande de remplir les bulletins et de mettre les appréciations. Désormais cela se fait sur Internet : on remplit les bulletins de chez nous, sans support papier, et l'on peut voir les appréciations de nos collègues. J'avais des souvenirs frais de ce que mes anciens professeurs avaient écrit sur mes bulletins. Ce n'était pas débordant d'originalité, souvent lapidaire, et invariable. Finalement, j'étais presque plus heureux de lire les évaluations négatives : au moins ces profs-là avaient passé du temps sur mon cas, au moins pour me descendre. Le tour de main est rapidement venu : au bout de deux élèves, j'écrivais déjà avec fluidité ce que je pensais des élèves. Cela a quelque chose de libérateur : on nous demande notre avis, et c'est toujours agréable, surtout pour un sujet aussi important. On a passé trois mois avec des élèves, on s'est investi, on les connaît bien, et on a souvent envie de dire à certains tout le bien que l'on pense d'eux, tandis que l'on réserve nos phrases assassines pour les cas les plus désagréables. Il y a quatre catégories d'élèves :
- Ceux qui travaillent et qui n'y arrivent pas : ils ont toute notre sympathie, et l'on prend à coeur ces éléments, car on sent toute notre impuissance, parfois, à les faire progresser. Alors on se résigne en se disant que le système scolaire n'est peut-être pas fait pour eux et qu'ils pourront s'épanouir tout aussi bien dans des sections professionnelles.
- Ceux qui travaillent et qui ont d'excellentes notes : on aimerait en avoir trente par classe, mais l'on s'ennuierait sans doute. C'est le genre d'élèves sur lesquels on n'a rien à dire. Mais on se force tout de même à trouver des choses ; ils ont fourni des efforts pendant un trimestre, le bulletin est leur récompense immédiate, la moindre des corrections est de leur montrer que leur engagement n'a pas été vain, et qu'on l'apprécie.
- Ceux qui ne travaillent pas et qui n'y arrivent pas : on a l'espoir que c'est leur manque de travail qui est à l'origine de leur faiblesse, alors on le marque sur le bulletin. Que les élèves qui voient ainsi écrit “Pourrait mieux faire s'il travaillait plus” ne s'y trompent pas : on cherche juste un point positif à déceler, car c'est ce qui nous est demandé. Mais au fond de nous, on se doute que certains ne travaillent pas parce qu'ils n'y arriveraient pas, et non l'inverse. Seulement, ils sont difficiles à détecter, à part pour quelques cas qui révèlent une réelle intelligence ; pour eux un sentiment de grand gâchis émerge.
- Ceux qui ne travaillent pas et qui ont de bonnes notes : après tout, tant mieux pour eux, mais ces élèves n'ont pas toute notre sympathie. Parce que c'est trop facile et que la paresse n'est pas une qualité. Lorsque j'étais élève, j'étais plutôt, par chance, dans cette catégorie, mais la méthode a des limites : à un moment il a bien fallu que je m'y mette, et c'est d'autant plus dur. C'est une autre forme de gâchis.
Il faut espérer que dans cette dernière catégorie, les élèves ne mêlent pas leurs facilités paresseuses à un manque d'humilité certain, car ils seront une des cibles prioritaires du conseil de classe. Les professeurs acceptent beaucoup de choses, ils sont tolérants quant aux difficultés familiales, aux faiblesses intellectuelles, même envers la paresse ; mais certainement pas envers le mauvais esprit. Un élève turbulent, qui bavarde, qui ne fait rien, mais qui le fait avec bonne humeur, avec sourire, qui entre dans une sorte de jeu du chat et de la souris avec nous.. a souvent notre bienveillance. Mais un élève méprisant, insolent ou insultant, envers nous ou envers ses camarades, voire les deux, celui-là, ses notes importent peu : il nous déclare la guerre.

On pourra rétorquer que les professeurs doivent se focaliser sur l'évaluation des capacités, du travail et non du comportement ou de l'attitude. Mais un adolescent, en pleine construction de sa personnalité, ne peut pas être évalué en tant qu'élève uniquement, en le détachant de toute réalité extérieure à ce qu'est le lycée. On a forcément tendance à l'oublier. On passe des heures et des heures à travailler sur notre matière et on se met à lui accorder une importance capitale. Puis, une mère d'élève, en plein conseil de classe, nous fait relativiser, et nous apprend que son fils est battu par son père dès qu'il a une mauvaise note, qu'une procédure judiciaire est en cours, ce même père que l'on recevait un mois plus tôt et qui nous disait, tout sourire, qu'on avait réussi à faire aimer l'histoire à son fils.
Un collègue : “Parfois, quand je vois le parcours de certains élèves, ce qu'ils endurent chez eux, ce qu'ils ont vécu... Je me demande comment ils trouvent encore la force de venir en classe. Certains, à quinze ans, ont vécu plus de malheurs que je n'en connaîtrai, je l'espère, jamais.”
Le conseil de classe a bien trop d'importance, et bien peu de pouvoirs.
Par Stylo Rouge - Publié dans : Être prof
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 17:43
“Après ma toute première journée de cours, la première fois que j'ai enseigné, quand j'ai commencé le métier.. le soir, je me suis mise à pleurer.” C'est désormais une prof de maths épanouie de trente-trois ans, qui adore son métier.
“Moi, c'était en rentrant, tous les soirs, dans le train, au début, je pleurais. Ça a duré six mois, puis c'est parti.” C'est désormais une quinquagénaire, formatrice à l'IUFM, toujours dans le métier.

La dernière fois, un autre stagiaire me posait la question : “Ça ne t'est jamais arrivé, à toi, après une journée de cours, d'être totalement désespéré, de te demander ce que tu fais là, si tu as fait le bon choix ?” Mes collègues acquiescent, comme si la réponse était évidemment oui.
- Je le dirais pas comme ça. Et puis surtout, ce n'est pas parce qu'on répondrait oui à cette question qu'il faudrait de suite nous plaindre, prendre ça comme s'il s'agissait d'une tragédie, parce qu'on ne fait pas ce qu'on aime.
- Non, évidemment, il ne s'agit pas de ça.
- Certains soirs sont durs. Certaines nuits je dors mal. Parce que le cours s'est mal passé, que mes élèves ont été insupportables. Mais je ne peux pas dire que je suis alors désespéré, je l'ai intégré comme un élément inséparable du métier. On a un métier passionnant, mais la passion implique également la douleur, parfois. On m'avait tellement prévenu, avant que je commence à enseigner, qu'on ne quitte pas le boulot une fois les portes du lycée franchies, que je m'y suis rapidement fait. Lors des soirées avec d'autres profs, on ne parle que de ça, de nos élèves, d'anecdotes à propos de nos cours. Et finalement, cela ne gêne pas tant que cela notre entourage, qu'on en parle tout le temps, car tout le monde a été élève un jour, et indirectement se sent concerné. Et puis, il ne s'agit pas QUE d'être prof, il s'agit de relations humaines, trente relations humaines dans chaque classe ; il s'agit de la psychologie de groupe, comment trente élèves ensemble forment une ambiance qui n'a plus rien à voir avec leurs individualités prises séparément ; il s'agit de rapports de force, comment venir à bout parfois de la mauvaise foi, du mensonge, de la crise d'autorité ; il s'agit de nouer des liens pleins d'ambiguïté entre des personnes que l'on fréquente tous les jours, nos élèves, et qui ne sont ni des collègues, ni des amis, et qui ne peuvent devenir plus que des élèves, à court terme, parce qu'on se l'interdit.
- J'ai une collègue qui est en arrêt-maladie pour trois mois, elle a reçu une lettre d'insulte de ses élèves, ça l'a ravagée. On n'est pas confronté à la violence physique. Mais notre boulot est violent. Après les vacances de Toussaint, je flippais de rentrer, je voyais que j'avais déjà passé deux mois à faire cours, et je me demandais sincèrement comment j'avais fait. Puis la rentrée s'est bien passée et j'ai retrouvé mes marques. Mais j'imagine que le jour où, pour la première fois, j'aurai peur de rentrer et de retrouver mes élèves, alors je crois que ce boulot sera plus fait pour moi.”

Je n'ai encore jamais croisé de professeur qui me disait qu'il détestait son métier. De même, je n'ai jamais vu de professeur qui ne se plaignait pas de son métier, au moins un peu. Les deux ne sont pas incompatibles. L'indifférence, voilà l'ennemie.
Par Stylo Rouge - Publié dans : Être prof
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 14:51

Une fin de cours. Une élève :

« Monsieur, vous parlez anglais ?

-         Heu.. à peu près. Pourquoi ?

-         Hé bien, j’ai une amie américaine, qui a 22 ans.

-        

-         Elle est célibataire.

-        

-         Elle est très jolie. Et je me disais…

-         D’accord, mais… merci L., d’avoir pensé à moi, c’est flatteur, mais t’inquiète pas pour moi, ça ira. »

Elle avait trouvé mon profil MySpace, créé quelques années auparavant et oublié depuis, où un peu trop d’informations sur moi figuraient : mon âge, mes goûts, mes études. Depuis les remarques fusaient :

« Mais vous êtes jeuuuuune ! Vous pourriez être mon frère ! »

« Monsieur, c’est la première année que vous enseignez ? »

« Vous avez de bons goûts musicaux, mais c’est drôle qu’un prof écoute du Saez. »

Être à la fois jeune et enseignant donne des avantages indéniables : les élèves se sentent plus proches de vous, ils vous font davantage confiance et vous pardonnent beaucoup de choses. Mais cela entraîne également de nombreux inconvénients : les élèves se sentent plus proches de vous, ils vont font davantage confiance, et SE pardonnent beaucoup de choses.

Les garçons vous voient, au mieux, comme une sorte de modèle : des parents d’élève m’avaient dit que j’avais fait aimer l’histoire-géographie à leur fils, le deuxième plus grand moment de ma très courte carrière après l’éclair de génie qui illumina un jour subitement un de mes élèves : « Mais en fait Monsieur, christianisme, ça vient de Christ ! »

Et au pire, les garçons vous voient comme un rival. Ils entrent dans la salle d’une démarche de cow-boy, vous toisent du regard et disent : « Vous pouvez commencer, le Patron est là. » Puis on voit un jour ces mêmes élèves en présence de leur mère, et on comprend alors mieux qui est véritablement la Patronne. Comme je menaçais un jour le plus gros caïd de la classe de convoquer sa mère, il me supplia de ne pas le faire.

« Oh c’est trop mignon, tu as peur de ta maman !

-         Mais bien sûr, tout le monde a peur de sa mère ! » Tous les autres garçons acquiescèrent avec effroi.

Quant aux filles, elles vous voient comme une intarissable source d’intérêt et de potins. Il ne faut pas passer trop de temps dans le lycée avec une collègue de son âge, ou les rumeurs vont immédiatement circuler, ainsi que les petits sourires, les murmures lorsque vous croisez vos élèves. De même, toute votre activité passée sur Internet est décortiquée, analysée.

« Monsieur, elles sont de vous les citations que l’on trouve sur Google, ou c’est une autre personne qui a votre nom ? »

« Pourquoi vous ne m’avez pas acceptée sur Facebook ? […] Oui oui je sais qu’on est pas amis, mais c’est un site de réseau social. Vous pourrez m’accepter à la fin de l’année ? »

Votre tenu vestimentaire, votre coiffure, tout y passe :

« Vous avez une belle montre. »

Ou encore :

« Monsieur, vous êtes allé chez le coiffeur ce week-end ! »

Un silence, puis elle reprend :

« Mais qu’est-ce qui vous prend à aller tous chez le coiffeur en ce moment ?! »

Merci S., je suis content que ma coiffure te plaise.

Il est toujours délicat de faire la part des choses entre ce qui constitue clairement le domaine professionnel, et le domaine affectif, dans lequel ils sont constamment. On ne juge pas uniquement vos compétences pédagogiques quand vous entrez en classe. On ne vous juge pas en tant que professeur. La salle de classe disparaît, et on vous juge, vous.

Et cela me pèse toujours, de devoir les remettre à leur place quand ils ne font que tenter de lier connaissance. Il y a un moment, je ne sais pas très bien quand exactement, où je suis passé « de l’autre côté » : je ne reçois plus les notes, je les distribue, je ne fous plus le bordel, je tente de l’arrêter. Quelques mois séparent les deux statuts, et encore : il n’y a pas pire élève qu’un professeur. Il suffit d’observer les professeurs-stagiaires lors d’une formation IUFM : je fais à mes formateurs tout ce que je détesterais que l’on me fasse. J’aimerais retourner, aujourd’hui, au lycée en tant qu’élève : je serais insupportable, mes professeurs me détesteraient. Ce serait merveilleux.
Par Stylo Rouge - Publié dans : Être prof
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 20:01
Nous sommes en train d'étudier la naissance et la diffusion du christianisme en classe.

"Monsieur, vous avez quoi contre Jésus-Christ ?" m'a demandé une élève sur ma messagerie Internet.

"J., j'espère que tu as compris que je cherche à faire de l'histoire et non du catéchisme, je n'ai rien contre Jésus-Christ et je tolère aussi mal que toi certains propos qui ont été tenus en classe hier par des élèves. Seulement, il faut que tu comprennes bien que je parle de faits historiques, je me base sur des recherches archéologiques, sur des études scientifiques qui ont porté sur ce sujet, et c'est pourquoi je peux affirmer que Jésus en tant que personnage historique a existé, mais je ne peux pas m'avancer davantage sur ce qu'a été réellement sa vie. Là où s'arrête la science commence la religion. Je ne critique aucunement le christianisme, tout comme je ne critiquerai pas le judaïsme, ou l'islam, ou n'importe quelle autre religion, car ce n'est pas mon rôle. Ta foi t'appartient, et ne laisse personne porter atteinte à celle-ci si tu juges que ce combat en vaut la peine. Il y a deux extrêmes qu'il faut éviter en matière religieuse : le fanatisme, et l'anticléricalisme sans fondement. Le fanatisme est l'attachement aveugle et passionné à une religion, l'anticléricalisme sans fondement est la critique systématique de toute forme d'autorité religieuse et de religion, sans écouter les arguments des croyants. En affirmant ta foi, tu risques d'être très souvent confrontée aux anticléricaux, qui utilisent des arguments que tu dois connaître à force, car certains ont déjà été prononcés en classe par tes camarades : que la Bible ne raconte que des mythes inventés, que Jésus était un homme comme les autres, que l'Eglise a provoqué la mort de milliers de gens, etc. Pour un croyant, le problème n'est pas de savoir si la Bible raconte des mythes, ou si Jésus a été un homme comme les autres. Pour un croyant, il suffit de croire. Toutefois, reste patiente, car je suis persuadé que l'étude historique du christianisme pourra tout de même t'apprendre des choses. Le mieux à faire quand on mène un combat, c'est encore d'étudier le sujet au maximum afin d'avoir toujours des arguments et des exemples à opposer à la personne qui cherche à te contredire. Au cours de mes études, après le bac, j'ai rencontré beaucoup de jeunes de mon âge qui étaient croyants, et au contact de qui j'ai beaucoup appris, car ils ont pris le temps de m'expliquer ce qu'était leur foi, et ce que cela signifie vraiment, de croire. En prenant le temps d'expliquer à tous ceux qui te contrediront pourquoi tu es croyante, tu leur apporteras sans doute beaucoup de choses, et s'ils ne t'écoutent pas, alors ce sera surtout dommage pour eux, car ils n'auront pas eu l'ouverture d'esprit nécessaire pour découvrir ta vision du monde. N'hésite donc pas à intervenir en cours si tu veux apporter des compléments à ce que je dirai, cela pourra être intéressant, à partir du moment où cela se fera dans le respect mutuel des opinions de chacun.
À vendredi."
Par Stylo Rouge - Publié dans : Être prof
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